12.12.2011

Des cœurs volants

geo 2011 ailes les coeurs 51x60.jpg

 Un blog en sommeil peut toujours se réveiller. Voici une peinture de Georges Koutsandréou. Toujours ce même personnage éclair peint avec sa technique de peinture réfléchissant la lumière.

Comme toutes ses peintres depuis fin 2010 , le personnage est double  ce qui le rend encore plus abstrait  et  si ce n’était la signature, la peinture peut se lire dans les deux sens.

Georges a fait une petite série avec des ailes pour rendre plus aérien ce que le personnage tient dans sa main. (ici des cœurs volants.)  Cette peinture a déjà quelques mois.

La peinture de Martina Charbonnel s’est considérablement allégée  avec des concepts intéressants mais  l’appareil photo étant en réparation, il faudra attendre le mois de janvier pour présenter  sa nouvelle démarche.

Depuis cette série : «  ailes » qui date déjà de quelques mois.

Georges Koutsandréou aussi a introduit un changement  fondamental dans sa peinture. Il en sera question après les fêtes   et nous ouvrirons le débat   sur les concepts. Même lorsqu’il communique peu , le mouvement" Conjonction "évolue.

Mise en ligne prochaine des peintures de 2011sur le site

 

 Le site du mouvement  Conjonction   

03.01.2011

Cibles à contre-sens

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La quatrième image présente une cible à contre-sens mais le personnage est dans le même sens que les autres. Je m'étonne du nombre impressionnant de visites sur ce blog depuis que j'ai mais en ligne ces peintures. Peut-être est-ce un bug dans les statistiques mais je voudrais dire en quelques mots aux personnes qui ne connaissent pas le mouvement "conjonction " que ces peintures sont peintes en deux dimensions mais sont à considérer dans l'espace avec un double passage du personnage (déformé à cause de la vitesse astronomique) au dessus du rectangle et par l'intérieur de la cible dans un autre univers  grâce à "l'effet tunnel". Toutes ces explications sont sur le site : http://conjonction.jimdo.com. Tout en peignant en deux dimensions nous déclarons  la troisième dimension et suggérons la quatrième grâce à l'effet tunnel.

cible inclinée contrariée 1 70x70.jpg

Les cibles inclinées ne changent pas les concepts du mouvement. Avec les cibles à contre-sens le personnage semble s'échapper du centre de la cible. Il semble plus extérieur ( comme s'il  venait vers nous, peut être sort-il du centre de la cible . Dans ma peinture je n'ai pas intégré comme l'a fait Georges Koutsandréou GK "l'aller -retour" . A l'observation,  nous nous sommes demandé s'il n'y avait pas dans l'image une notion de convexité et de concavité mais nous avons abandonné cette piste car trop tirée par les cheveux.

Georges parle de transfiguration un peu comme  c'est le cas pour les  icônes   (pourtant en deux dimensions) qui semblent venir vers nous.

Ce que je pourrais surtout dire de ces peintures c'est qu'elles donnent l'impression d'une résistance  du personnage  , résistance au sens de la cible semblant répondre à une phénomène se sustentation ( sustention ?) magnétique.

En tous cas le fait de disposer les peintures les unes par  rapport aux autres me donne des idées, notamment  à partir de l'arc de cercle  de chaque peinture.

Ce qui est passionnant, c'est de voir qu'à partir de mêmes concepts , ma peinture est totalement différente de celles de Georges Koutsandréou. C'est en ceci que Conjonction est un véritable mouvement en peinture, même s'il est toujours occulté par les instances artistiques décisionnelles.

 Commentaire

Les cibles inclinées dans le même sens ou à contre sens du personnage ne changent rien, en effet, de vos concepts, mais offrent des angles de vision différents aux "regardeurs" que nous sommes : vision de côté, à droite ou à gauche, au lieu d'une vision carrément perpendiculaire sur le centre des cibles non inclinées.
Finalement, nous aussi, nous tounoyons au dessus de la cible et de la silhouette et c'est sans doute une vertu en plus de cette peinture...
Le personnage à contre sens de la cible peut sembler en effet "faire de la résistance" et vouloir échapper au tunnel fatal de l'épicentre et on lui souhaiterait presque de rester en sustentation, comme tu dis, si on mettait une note dramatique, en s'identifiant à lui, au fait de passer de l'autre côté du tableau. L'intéressant, c'est que ce n'est pas un effet recherché mais qu'il existe.
Amitiés
ML

Ecrit par : Larry | 10.12.2010

 Galerie virtuelle de Martina Charbonnel

 Galerie virtuelle de Georges koutsandréou

Pour tout contact ou proposition  à propos de cette peinture utiliser la page  contact sur le  site de "Conjonction"

 

 

 

 

16.12.2010

Quand le vilain petit canard s'emmêle

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Lors de débats sur leurs forums, les milieux autorisés de l'art contemporain nous avaient pourtant expliqué que l'heure n'était plus aux mouvements en peinture, que c'était la fin de l'histoire, la mort de l'art, j'en passe et des meilleures!

Nous ne les avons pas écoutés. Sûr que le discours artistique avait de relents de novlangue aux allures de diktats supposés transformer des artistes que l'on pourrait croire par définition rebelles , en, gentils moutons obéissant aux institutions; Tout ceci pouvait avoir des allures de fin de l'Histoire.

On ne les a pas écoutés parce que si la critique art de l'art contemporain ronronne et se répète, si le marché de l'art est aux mains des spéculateurs plutôt que celui des amateurs d'art , si l'intelligence s'enlise et que plus personne ne sait qui fait quoi ni pourquoi, nous voulons continuer à donner un sens à notre recherche et à notre art.

Et tant pis si tout fout le camp, si le monde se dérobe, si tout va trop vite.

Mais au fait, elle ne dirait pas un peu ça ma peinture ? Même la cible se déforme entrainée par la vitesse du personnage. Est-ce le personnage qui lui impose sa direction ou le contraire ? S'il était condamné à se déplacer avec la cible, il en passerait probablement plus en son centre mais pourquoi suivrait-il la cible ? . Qu'est-ce qui l'empêcherait de passer de l'autre côté?

 

Mes premières peintures de cette nouvelle série "cibles inclinées "indiquaient la même direction Comme le montre la photo.

Et puis un jour au détour d'une erreur non pas corrigée mais outrageusement assumée dès que m'en suis aperçue, un personnage s'est mis à faire de la résistance. Il y a toujours un vilain petit canard pour se jouer des anachronismes. Au début ça nous a fait un choc. Puis nous avons passé une soirée entière à nous poser des questions dont certaines n'ont pas trouvé de réponse peut-être parce qu'un peu hors sujet. Mais tout ceci est vraiment passionnant !

A présent je commence à avoir envie de voir mes peintures dialoguer entre elles parce qu'il se passe plein de choses lorsque 'elles sont ensemble. selon la façon dont elles sont accrochées les unes par rapport aux autres. Ceci n'intervient pas directement sur les concepts du mouvement mais toute réflexion ouvre des pistes.

 

C'est dire si la cible en forme de parallélogramme renforce le mouvement.

La photo donne une petite idée de ce qui se passe quand tout va dans le même sens

 

La  prochaine fois je mettrai en ligne "l'odieux personnage "qui ne s'adapte pas au sens de la cible.

voir le site de " Conjonction"

Voir d'autres peintures de Martina Charbonnel   

Pour nous contacter  cliquer sur " à propos" ou par la commande "contact" du site de Conjonction

Commentaire :

"Il me semble que l'inclinaison, en brisant la symétrie du cadre, rend une impression de mouvement (j'ai d'emblée perçu le mouvement "entrant dans la toile" comme se faisant en tournoyant, non pas rectiligne, mais peut être sous l'influence de séquences mémorisées, comme la fin du film Don Juan de Marcel Bluwal, où le héro tombe dans un puits vers l'enfer."

Commentaire de  "Nolats" sur le blog de Martina Charbonnel

 

 

 

07.12.2010

Du nouveau !

martina cible inclinée 2.jpg

Si nous avons laissé momentanément de côté ce blog, c’est parce que le livre : "Conjonction dans la peinture "( version imprimée) paraîtra en janvier 2011. La première partie de ce livre a été exposée sur ce blog.

La deuxième  partie montre les réactions au mouvement :  il ne nous emble  pas très opportun de les publier ici.

Nous présenterons bientôt l’évolution de nos travaux notamment les interrogations posées par les toutes dernières  recherche de Martina Charbonnel : « cibles inclinées »

En attendant vous pouvez aller sur notre tout nouveau site, remplaçant le blog mouvement.

 

A très bientôt

Photo martina Charbonnel l :  2010  cible inclinée 1 60x60 acrylque sur toile

21.09.2010

Le concept et le sensible 4

 

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georges koutsandréou  2005: applaudissement spoussières d epeinture

 

 

Le débat  de 2005 sur le formu d'art press ayant dévié vers la subversion ayant dévié, Georges Koutsandréou a été amené à préciser ses positions :

Extraits  de la réponse de G Koutsandréou :

« N'y a-t -il que la subversion pour faire de l'art le lieu de passage des grandes interrogations métaphysiques ou de la rencontre avec ce que l'humain a de plus profond ? En peinture, ce qui est apparenté à la traduction du plus profond de l'humain, c'est le nombril. C'est le galeriste Jean Fournier qui l'a dit un jour. Alors permettez-moi d'être nombriliste et de revenir à notre mouvement la figuration supra-naïve qui a aussi une dimension métaphysique ...».

«  Ma peinture se situe dans l'espace. Tel le laboureur, je laboure un support à la colle de peau. Ensuite, je me transforme en semeur. Debout au-dessus du champ-support, je sème des graines de peinture desséchées ou poussières qui volètent dans l'espace avant de se fixer dans le sillon humide et de tracer en un éclair le personnage. Ainsi la métaphysique de la matière instable évoquant les électrons autour d'un noyau ne prend forme que concentrée sur la toile ».

rang contre.jpg

martina Charbonnel  2005 série croisements "rang contre "


« Dans la peinture de Martina Charbonnel, la dimension métaphysique s'exprime par la double dimension des personnages construits autour de l'axe tracé par une verticale traversant le rectangle. L'une des moitiés du personnage est entièrement contenu dans une partie de la toile. C'est notre dimension terrestre structurée à l'intérieur d'un cadre organisé. L'autre moitié échappe à toute possibilité d'enfermement dans le format traditionnel. Elle se dérobe donc à toute emprise terrestre. Elle ne traverse que partiellement le rectangle. Sa monumentalité tend vers l'infini et rejoint ainsi le fond de l'être ». G Koutsandréou 21 juillet 05 forum d’art press.

 

14.09.2010

Le concept et le sensible 3

femme grenouille.jpg

Suite des  commentaires des peintures" de la figuration supranaïve " (précédant  Conjonction ) sur l'ex forum d'art press en  2005 :

"L'absence de traits de visage établit une distance avec le regard à un point tel que les distorsions de ces corps fantomatiques me paraissent harmonieuses. Fluides et légères, ces formes féminines gravitent dans l'espace. Curieusement ces silhouettes m'interpellent. Sans doute est-ce dû à l'expressivité des mains toujours présentes, parfois démesurément grandes, point d'incarnation de ces personnages. C'est par la main que passe le contact : Poings serrés, mains qui agrippent, qui caressent qui font un signe, l'organe du toucher laisse profondément l'empreinte de l'artiste. Je retiens des peintures de Martina Charbonnel, une main tendue vers d'autres mains dans d'autres mondes ». Bruno P /3 oct 05

 

Le lieu n’était peut-être pas des mieux choisis pour exprimer un ressenti sur notre art. La réaction ne s’est pas faite attendre de la part d’un des participants qui par la suite est devenu le principal détracteur de notre mouvement.

 

« Ce qui est terrible avec la peinture c'est qu'elle puisse susciter ce genre de morceau littéraire. Les adjectifs et les superlatifs, c'est un peu comme le sucre : j'ai rapidement ma barre et ce texte est à vomir (1), il représente tout ce que je hais le plus dans le domaine artistique : Le mauvais goût petit bourgeois qui s'exprime en ronds de jambe. » .O Soares 04 .10 .2005 »( ex) forum d’art press. ( à suivre)

 

Le texte en question est celui cité plus haut ainsi que sur la note suivante.

 

Peinture de Martina Charbonnel :" Femme Grenouille" rsérie rais de lumière 2005

 

Le livre Conjonction dans la peinture( ebook) est en vente sur le site  : http://www.mckeditions.com/art/conjonction-dans-la-peintu...

 

 

 

08.09.2010

le concept et le sensible 2

baigneuses.jpg 

G Koutsandréou 2005 baigneuses  poussières d'acrylique  55x66

 

 D'avoir choisi de revenir à la figuration nous ouvrait les portes du sensible. Pour nous,  la dichotomie  entre  le sensible et l'intelligence inventive faite par des critiques d'art  comme André Rouillé, n'avait pas vraiment lieu d'être.  C'était un débat d'un autre temps ce que nous rappelions   dès 2005  sur la site de Paris -art.com  :

  « Il serait  tout de même temps  d'en finir avec cette vision schizophrénique de l'art contemporain qui voudrait que certains fassent de l'art avec leur tête sans aucune émotion et d'autres uniquement avec leur sensibilité. La science nous a appris le rôle essentiel joué par l'émotion dans le processus de la pensée. » paris art. com : extrait d'une  réaction  à l'édito Art vivant contre art contemporain du 10 mars 2005

  Il est peu probable que toutes nos réflexions aient  été méditées par les institutions et pourtant par la suite,  il est arrivé que certaines de leurs conclusions rejoignent  les nôtres  notamment celles qui ne remettaient pas totalement en cause  ce qu'elles défendaient  Peut-être avions-nous simplement  une longueur d'avance ? Nous remarquons cependant  que peu de temps après nos premiers  débats , l'antagonisme entre  le sensible et l'intelligence poussé jusqu'à la caricature  semblait s'être atténué.

Peut-être occultée par notre tendance à orienter autour  de nos concepts le grand débat que nous avons eu en 2005  sur l'ex-forum d'Art press ( La peinture est toujours en mouvement), la dimension sensible de nos  peintures respectives a cependant été remarquée par un internaute,   amateur d'art ayant laissé   ce commentaire  contrastant avec le ton d'un forum qui ne nous  faisait pas de cadeau.

 « Avant la démonstration lumineuse de Georges Koutsandréou, je n'aurais jamais cru possible de présenter une image en trois dimensions sans recourir à la perspective. Ici, la peinture rejoint la science dans l'aplatissement des personnages soumis à une vitesse astronomique. Á partir de là, une méditation s'impose même si l'écran n'est pas le plus indiqué pour restituer à ces œuvres leur spatialité.

Les poussières de peinture de Georges Koutsandréou vont au-delà de la technique d'application de la couleur. Le passage éclair des personnages produit une onde de choc sur la toile mais aussi sur mes certitudes. D'abord décontenancé, je finis par me laisser entraîner dans ce tourbillon où volent des poussières cosmiques tendant de se rejoindre. Dans leur traversée fugitive, ces silhouettes zèbrent la toile et prennent appui sur des objets usuels.

Seules traces de matérialité jetées sur cette surface instable, des tables, de la nourriture, des animaux et divers ustensiles restituent la destinée humaine du personnage. La peinture de Georges Koutsandréou me bouleverse par son unicité et sa portée universelle à la fois scientifique et philosophique ».

 

A SUIVRE

31.08.2010

Le concept et le sensible 1

 Après cet exposé froid des concepts de notre peinture  empruntant parfois des   termes aux  mathématiques   pour dire par exemple  que la peinture est une équation  ou pour évoquer  le «  postulat » de Newman,, après  des rapprochements avec l'astrophysique à  faire dresser les cheveux sur la tête des respectables chercheurs en physique quantique, abordons la question du sensible.

Si l'art est ce petit torrent impétueux qui peut flirter avec la science sans avoir besoin d'exactitude  ni de preuves , la peinture est comme aimait le répéter Picasso, ce mensonge qui permet de comprendre la vérité.  L'artiste a le privilège de pouvoir associer la froideur du concept et sa rigueur  démonstrative  avec des considérations métaphysiques mais aussi poétiques et sensibles  où le langage joue un rôle important. La peinture fait chanter les couleurs et vibrer l'âme.

Lorsque nous avons entrepris la lourde tâche de débattre, nous avons  rencontré quelques  réactions hostiles  que nous analyserons plus loin.

Il faut rappeler que lorsque nous sommes arrivés sur la Toile avec un  mouvement sous le bras    abordant en toute confiance les forums d'art contemporain,  l'état des lieux n'était guère  brillant. Nous sortions du terrorisme institutionnel d'une peinture décrétée morte. Ne pouvant plus l'ignorer, Art press venait  d'ouvrir un dossier peinture (décembre 2004) dans lequel Richard Leydier fustigeait  toute peinture conceptuelle  qu'il jugeait réactionnaire.   Pourtant aux  antipodes d'art press, la revue Artension redoublait de vigueur en revendiquant  une peinture sensible  essentiellement  issue de l'art brut mais parfois  plus classique, démarche en laquelle se retrouvaient les peintres passéistes voulant restaurer  des techniques picturales des maîtres anciens. Le rejet d'une peinture conceptuelle avait été amorcé en 1990. Á l'époque, des  galeristes parisiens nous disaient que les amateurs d'art ne voulaient plus  de peintures qu'ils ne comprenaient pas immédiatement. C'était l'époque ou il parlaient volontiers d'une «  peinture coup de cœur » mais c'est pourtant à partir de ces années là que la peinture a vu se précipiter sa descente aux enfers.   Les  institutions ont commencé à la décréter morte et il s'est dit que plus rien ne pouvait être inventé en peinture  ce qui n'est pas entièrement  faux  si l'on choisit de balayer tout concept car c'est seulement  à partir de là que  peut intervenir l'invention en peinture.

Comme nous l'avons vu précédemment, nous  nous sommes posé la question  des limites  de l'abstraction en peinture qui finissait  par passer pour simplement décorative  avec la formule consacrée dans certains magazines  « Ça irait bien avec les doubles rideaux ! ».

10.08.2010

Evolutions de la peinture de Martina Charbonnel 9

cible concentrique 37 50x50.jpg
2009 cibble concentrique 37  50x50

 

CIBLES CONCENTRIQUES   2008 2009

 

Consciente de l’effort visuel et de la gymnastique cérébrale requise pour imaginer une cible rectangulaire au-delà de la toile, Martina Charbonnel a rendu plus évidente l’idée de la cible en intégrant une deuxième bordure rectangulaire autour de celle qui encadre le rectangle central.

Les bordures ne sont pas de la même largeur par rapport aux côté de la toile ce qui permet de casser la référence à un cadre où une fenêtre comme dans les rectangles figurés et d’augmenter l’idée de passage d’un fragment d’une cible plus vaste dont la toile serait un instantané un peu comme une photo prise à la hâte coupant la cible en n’importe quel endroit.


Les irrégularités des bordures rectangulaires ont progressivement été amplifiées. Ceci rappelle que la cible n’est pas statique. C’est un mouvement vers l’intérieur avec des passages et des vitesses antagonistes déterminant des points de vue où les bords de la cible peuvent paraître irréguliers.

C’est parce que la cible est en mouvement que les bords des différents rectangles sont négligemment peints sans s’embarrasser de la droiture des lignes et des angles. Les différentes couleurs ont des effets de glisse l’une dans l’autre peut-être à des vitesses différentes. C’est à ce moment que le conceptuel rejoint le sensible et où l’urgence du geste de peindre trahit l’âme de l’artiste.


Je l’avoue : ma peinture n’est pas toujours agréable à peindre. Il est frustrant d’exprimer la figure sans un seul coup de pinceau sur la forme humanoïde. Arrêter la toile sur cette sensation d’inachevé me laisse cette impression étrange d’incomplétude. Ce coït interrompu m’oblige à chercher la transcendance plutôt que le plaisir de peindre. Je la trouve grâce à des formes désaccordées, désarticulées tordues sous l’effet de la contrainte du format traditionnel liée à la vitesse et de leur passage. Il me reste la couleur pour exprimer ma sensibilité, et ma fébrilité balaye la toile dans l’urgence avec des coups de pinceau nerveux qui jouent avec la transparence des glacis acryliques. Toute l’humanité de ces silhouettes tient dans leur traversée de la couleur qui moulant les personnages leur fait un berceau. Et je retrouve le bonheur de peindre. Art franchi 23-10 2007

Si parfois les explications conceptuelles semblent compliquées ou trop sèches (ce qui malgré tout reste indispensable pour donner les clés de la compréhension de notre peinture), rien n’empêche de ne la considérer que sous l’angle de la sensibilité.

02.08.2010

Evolutions dans la peinture de Martina Charbonnel 8

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CIBLES RECTANGULAIRES 2007

 

 

cible 1 85x65.jpg

CIBLES RECTANGULAIRES 2007

Par la requalification en cibles rectangulaires de ses toiles faisant suite aux rectangles figurés, la peinture de Martina Charbonnel contribue à la définition du mouvement Conjonction en résonance avec les concepts mis en évidence par Georges Koutsandréou avec ses cibles ovales.

C’est parce que ces deux démarches s’inscrivent autour des mêmes concepts mais en les exprimant chacune à leur façon, qu’elles ont pu donner lieu à la nouvelle phase du mouvement qui alors est devenu «  Conjonction. Ce n’est donc que le concept qui fait toute la différence entre les deux étapes et la définition de la conjonction des passages.

Ceci peut sembler tiré par les cheveux mais la série « rectangles » anticipait déjà l’idée du passage en profondeur qui a été développé par les cibles de Georges Koutsandréou. Ceci explique comment la reconnaissance des différentes étapes de la figuration supra-naïve et les méditations autour du passage ont tout naturellement débouché sur l’autre passage de l’autre côté de la toile. Ceci montre que lors des revendications d’un mouvement en peinture, le concept n’est pas qu’un caprice d’artiste qui affirme que le rouge serait bleu parce qu’il l’aurait décidé ainsi. Il y a bien évidemment un parti-pris de l’artiste absolument indispensable parce qu’il détermine une démarche mais il n’empêche que les concepts doivent avoir leur propre logique et pouvoir s’expliquer.(à suivre)


peinture : Martina Charbonnel 2007 cible rectangulaire 1 81x65 acrylique sur toile